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Cahiers Tchadiens des Sciences Humaines
sept. 23
​Colloque international

Recherches croisées sur les écosystèmes lacustres tchadiens


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FSP N° 2013-18 Grands Ecosystèmes Lacustres Tchadiens


Sous le co-patronage du Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique et de l'Ambassadeur de France


N’Djamena, 26-27 avril 2017


Contexte et justification

Les zones humides africaines, en l'occurrence celles du Tchad, constituent des ''hot spot'' de biodiversité qui soutiennent et procurent de nombreux services écosystémiques dont le rôle est largement reconnu dans les différents dispositifs de protection de la nature (Convention Ramsar, Wetlands International…) et par des institutions œuvrant  pour le développement durable (International Water Management Institute, World Fish, IUCN…). Ces écosystèmes pourvus en ressources naturelles, supports de systèmes de subsistance intégrant des activités telles que la pêche, la chasse, les cueillettes et l'agriculture, subissent une pression démographique intense et grandissante. Ils sont aussi hautement vulnérables au changement climatique, particulièrement dans les zones sahéliennes caractérisées par une grande variabilité des précipitations. Pour le cas des zones à la topographie peu prononcée, à l'exemple du lac Tchad, une variation relativement modeste du bilan entre précipitation et évaporation, ou dans la dynamique des crues des fleuves, peut affecter le régime hydrologique et donc le fonctionnement écologique de vastes étendues. Les lacs sahariens, comme ceux d'Ounianga, sont aussi très vulnérables à l'augmentation potentielle de l'évaporation liée à celle des températures. Ces zones humides ont souvent été considérées comme un obstacle à l'agriculture et au « développement » (sol gorgé d'eau difficile à cultiver, conditions de travail difficiles en raison de l'insalubrité, insécurité hydrique due à la variabilité des dates et des niveaux d'inondation, difficultés d'accès et de transport des récoltes, d'accès au marché vu l'éloignement géographique et parfois l'inondation saisonnière) et elles continuent pour la majorité à être aménagées pour les drainer et augmenter la superficie des terres agricoles. Toutefois, la nécessité de promouvoir des types d'agriculture qui ne dégradent pas les zones humides devient de plus en plus évidente, et des pratiques agricoles qui respectent le fonctionnement biologique des zones humides sont aujourd'hui valorisées (Ramsar, 2014). Ainsi, la priorité, pour ces milieux naturels d'une richesse exceptionnelle, est de mieux les connaître pour les préserver efficacement.

Ces interrogations constituent une matrice de recherche sur l’évolution des grands écosystèmes lacustres tchadiens. Il s’agit d’apporter de nouveaux éclairages sur ces systèmes complexes que constituent les zones humides actuellement confrontées à une croissance démographique exponentielle et à des compétitions croissantes sur les ressources entre de nombreux acteurs, le tout dans un contexte de changement climatique, afin de contribuer à l’amélioration de leur gestion.

Ce colloque offre l’occasion de croiser les résultats de recherche utiles à la réflexion sur les orientations générales d’actions collectives pour une meilleure gestion des territoires lacustres dans une approche de développement durable.

Le cas du Tchad est particulier en Afrique, car il rassemble plusieurs zones lacustres de tailles et d’origines différentes, représentatives de la diversité des zones humides africaines. Les lacs du Tchad se distinguent par leur grande diversité qui s'exprime à travers leurs origines, leur zone climatique de localisation ou à l’origine de leur alimentation, leur durée de fonctionnement et leurs caractéristiques physico-chimiques. L'ensemble de ces paramètres conditionne l'installation d'écosytèmes lacustres variés, cadres de la biodiversité et d’une occupation humaine souvent ancienne. Situés depuis des zones désertiques septentrionales jusqu’aux zones soudaniennes, ils rassemblent une biodiversité importante dans leurs contextes environnementaux respectifs, plus ou moins anciennement occupés par l’homme et intégrés dans les activités économiques locales, nationales et régionales. L’éclairage médiatique international sur le lac Tchad remet à l’agenda la définition de politiques publiques ciblées pour leur valorisation, que ce soit dans le domaine écologique (lutte contre le changement climatique, préservation de l’écosystème, de la biodiversité), social (patrimonialisation, gestion des insécurités) ou économique (mise en valeur pour l’agriculture, l’élevage, la pêche ; exploitation des ressources naturelles). Une approche comparée de ces zones lacustres tchadiennes est une opportunité pour appréhender les spécificités des lacs et zones humides africaines au regard des problématiques climatiques, démographiques et économiques particulières de ce continent.

L’objectif de ce colloque est de croiser les expériences de recherche récentes sur les lacs Ounianga, Fitri et Iro (projet GELT) avec celles portant sur les lacs Tchad, Léré, Fianga et Tikem voisins, et d’autres lacs ou zones humides en Afrique. Les débats  alimenteront la réflexion en cours pour élaborer des stratégies d’actions pertinentes de politiques publiques sur la question climatique dans l’optique post COP 21, dans un contexte de forte insécurité climatique et, parfois, géopolitique.

Pour mettre en valeur l'interdisciplinarité nécessaire à l'analyse de ces socio-écosystèmes complexes, trois grandes thématiques seront abordées :

Contexte géologique et hydroclimatique des systèmes lacustres tchadiens, occupations humaines anciennes et dynamiques passées et actuelles des écosystèmes

Une connaissance approfondie de la biodiversité actuelle des écosystèmes liés aux systèmes lacustres sub-sahariens est un pré-requis indispensable pour avoir des éléments de références, établir un état de l'écosystème au temps ''t'', et être à même d'évaluer leur évolution future.
L'étude du contexte géologique et climatique, l'analyse du fonctionnement hydrologique actuel et passé sont également des préalables indispensables à la compréhension de la nature et de la dynamique des écosystèmes spécifiques à chaque système lacustre. De manière similaire, l'évaluation de la résilience de ces écosystèmes et la prédiction de leur évolution future sous les effets combinés du changement climatique et de la pression anthropique requiert d'étudier l'histoire récente de ces écosystèmes et leur réponse aux changements paléo-environnementaux et paléo-climatiques qu'a connus la zone sub-saharienne au cours de la période holocène. Les études archéologiques menées sur les pourtours de ces systèmes lacustres apportent ici des éléments essentiels pour comprendre les interactions entre ces écosystèmes et les sociétés humaines passées qui ont su en tirer profit. Cette session sera donc spécifiquement dédiée à : a) la caractérisation des contextes physiques (géologiques, climatiques) des systèmes lacustres étudiés, b) l'étude du fonctionnement hydrologique (bilan hydrologique, régime saisonnier, relation eau et surface-eau souterraine) des systèmes lacustres, c) l'inventaire de la biodiversité actuelle (faune, flore) de ces écosystèmes lacustres, d) la reconstruction de l'histoire récente de ces systèmes lacustres et de leur écosystème et e) la caractérisation du fonctionnement dynamique de ces écosystèmes.

L'accès à l'eau et aux ressources naturelles, de la complémentarité à la concurrence

La variabilité environnementale caractéristique des zones lacustres subsahariennes favorise l'établissement de systèmes de production reposant sur la mobilité des ressources et des hommes, la multi-activité au sein des familles et la multifonctionnalité des espaces. La complémentarité entre l'agriculture pluviale et de décrue, l'élevage, la pêche et la cueillette favorise un système très productif, reposant essentiellement sur la reconstitution naturelle de la fertilité. Cependant, les changements sociaux et environnementaux observés depuis plusieurs décennies remettent en cause le fonctionnement de l'ensemble du système, en particulier les règles anciennes d'accès aux ressources naturelles et de régulation des conflits. Des solutions d'adaptation sont alors nécessaires. Elles impliquent une analyse des changements en cours qui impose de connaître précisément la variabilité et la disponibilité des ressources, les dynamiques du peuplement, les systèmes de production et leurs interactions dans les mêmes espaces et entre les acteurs, ainsi que les règles d'accès aux ressources et les confits émergents. Cette session comprend plusieurs entrées : a) la gestion de l'eau : disponibilité, usages, conflits, b) multi-activité, multifonctionnalité, résilience du système, c) dérèglements des systèmes d'accès aux ressources et nouveaux arrangements.

Quelle(s) politique(s) publique(s) autour de ces lacs ?

Si les préconisations internationales sur les zones humides donnent une orientation claire vers des dispositifs de protection, leur insertion dans les politiques publiques nationales et régionales est plus difficile à définir entre objectifs de conservation environnementale, de développement économique et/ou de sécurisation. L'environnement lacustre pose aussi des problèmes spécifiques de gestion des services publics (éducation, santé, transport, énergie, téléphonie, tourisme). A l'échelle locale, la multiplication des acteurs du fait des migrations, de la décentralisation des services de l'Etat et de l'implantation de nombreuses ONG, remet en cause les anciens équilibres et impose de repenser le gouvernement de ces territoires.

Les débats seront organisés selon deux approches : a) Penser les politiques publiques sur les lacs entre préservation, services, développement, b) Gouvernance multi-acteurs (dont réforme administrative).

Organisation

Le colloque aura lieu à N’Djaména les 25 et 26 avril 2017. Il s’inscrit dans le cadre des activités du projet GELT (Grands Ecosystèmes Lacustres Tchadiens), projet de recherche franco-tchadien retenant pour étude, les sites lacustres d’Ounianga (région d’Ennedi), de Fitri (Batha) et d’Iro (Moyen Chari). Les contributions (communications orales, posters) porteront en partie sur ces terrains, mais les propositions extérieures sur d’autres zones lacustres au Tchad et en Afrique subsaharienne sont vivement attendues. Des ouvertures originales sur des problématiques proches des trois thématiques proposées seront aussi acceptées.

Conditions de participation

Faire acte de candidature en envoyant un résumé  d'une page (problématique du texte, exposé du déroulé de l'argumentaire, exposé des données, des sources et terrains mobilisés).

  • Les propositions (titre, auteur(s), références, résumé de 1000 signes) sont attendues au plus tard le 30 octobre 2016
  • Les textes définitifs sont réceptionnés le 28 février 2017 (date limite)

Adresse :mailto:kelly.nkouka@hotmail.fr

Les auteurs des communications retenues pour être présentées lors du colloque seront entièrement pris en charge (transport, hébergement, frais de séjours, etc.).

téléchargez le Formulaire de participation.pdf

Formulaire de participation.docx

Calendrier des activités :

  • Réception des propositions: 30 octobre 2016
  • Résultats de sélection par le comité scientifique: 30 novembre 2016
  • Réception des contributions: 28 février 2017
  • Document finalisé: 30 mars 2017
  • Recueil sorti chez l'imprimeur: 15 avril 2017
  • Tenue du colloque: 25-26 avril 2017

Il sera envisagé fin 2017, la publication d'un ouvrage collectif après sélection des meilleures communications

Consignes rédactionnelles :

Sont acceptés des articles ayant un format de 35 000 signes espaces compris (notes de bas de page et bibliographie comprises) dans leur version destinée à la publication, ainsi qu’un court résumé ( en français et en anglais) de 800 signes (espaces compris), des mots clés (5) et la biographie de l’auteur (150 signes). Les auteurs pourront intégrer à leur article des iconographies (tableaux, graphiques, cartes, photos, dessins, etc.).

Système : Word

Caractère : Times New Roman

Police : 12

Interligne : 1,5

Police de l'intitulé de la contribution : 16, caractère gras

Police des intitulés des chapitres : 14, caractère gras

Police des sous-chapitres : 12, caractère gras

Interligne 2 pour le passage à un sous-chapitre

Interligne 3 pour le passage à un chapitre

Les renvois sont numérotés en continu en bas de page

Numérotation des pages : option centrée

La soumission des communications ou articles peut se faire sur rst-tchad.org. Elle peut également être envoyée aux adresses électroniques ci-dessous. La publication finale des articles sera conditionnée au succès de la procédure d'évaluation scientifique.

Composition du comité scientifique:

  • Likius ANDOSSA (Paléontologie, Université de N’Djaména)
  • Ali Brahim BECHIR (Zootechnie et écologie, Université d’Ati)
  • Tchago BOUIMON (Anthropologie, Université de N’Djaména)
  • Mirjam de BRUIJN (Anthropologie, Université de Leyde)
  • Abderamane HAMIT (Hydrogéologie, Université de N’Djaména)
  • Olivier LANGLOIS (Archéologie, CNRS et Université de Nice Sophia-Antipolis)
  • Jacques LEMOALLE (Hydrologie, Institut de Recherche pour le Développement)
  • Robert MADJIGOTO (Géographie, Université de N’Djaména)
  • Géraud MAGRIN (Géographie, Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne)
  • Sougnabé PABAME (Socio-économie, Institut de Recherche en Elevage pour le Développement – IRED, Tchad)
  • Christine RAIMOND (Géographie, CNRS et Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne)
  • Mathieu SCHUSTER (Sédimentologie, CNRS - Strasbourg)
  • Francis SIMONIS (Histoire contemporaine de l’Afrique, Université Aix-Marseille)
  • Florence SYLVESTRE (Biodiversité/Paléo-environnement, Institut de Recherche pour le Développement)

Composition du comité d'organisation:

  • Isséini MOUSSA (Directeur de la Recherche Scientifique, Ministère de l’Enseignement Supérieur et de l’Innovation)

  • Frédéric REOUNODJI (Directeur Général Adjoint de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Ministère de l’Enseignement Supérieur et de l’innovation)

  • Ibrahim CHITOU (Conseiller technique auprès du Ministre de l’Enseignement supérieur, chef de projet GELT)

  • Kelly NKOUKA (Chargée de Mission Appui à la Recherche-CNRD et  FSP-GELT)

  • Mahmoud YOUSSOUF KHAYAL (Directeur Général du CNRD)

  • Mahamat HAMDO (CNRD)

  • Abdoulaye Abderrahaman DOUTOUM (CNRD)

  • Habib IMRAN (CNRD)

  • Moussa ABDERAMANE (Chef de Mission, Lacs Ounianga)

  • Djimet SELI (Chef de Mission, Lac Iro)

  • Dangbet ZAKINET (Chef de Mission, Lac Fitri)

Vous pouvez nous contacter pour toutes précisions aux adresses suivantes :  kelly.nkouka@hotmail.fr , ibchitou@yahoo.fr  et imoussa2010@gmail.com 

 téléchargez l'appel à propositions

Appel à propositions_francais.pdf

Call for papers_english.pdf

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La Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme (Aix-en-Provence)
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